Consentement : c'est pas parce que ton chum a le goût que ça doit te tenter aussi

Avec tous les événements reliés aux harcèlements et à la dénonciation, plusieurs questions peuvent nous venir en tête. Est-ce que j'ai déjà été une victime? Est-ce que cette situation X est considérée comme un harcèlment? Souvent, on pense que ces actes se produisent avec des inconnus, mais il est possible qu'une personne subisse cela avec son/sa partenaire. 

De manière générale, on prend pour acquis que des personnes qui sont en relation amoureuse ont aussi des relations sexuelles ensemble. On assume aussi qu’elles sont consentantes, vu l’amour et le type de relation qui les unit. C’est une idée répandue qui n’est pas du tout étonnante parce qu’elle découle directement de ce qu’on nous a transmis pendant longtemps, et qui continue d’être propagé aujourd’hui.  

À la base, les modèles relationnels étaient hétérosexuels et les femmes devaient satisfaire sexuellement leur mari. J’ai peut-être l’air de pousser les choses un peu loin ici, mais en fait, c’est complètement lié, même si l’enveloppe extérieure du concept a changée.

Socialement, il y a un immense manque d’éducation sur les notions de consentement, ce qui fait que ces vieilles idées demeurent dans l’inconscient.

On a cette impression presque automatique que des personnes en couple doivent se satisfaire. Un peu comme si la sexualité était nécessaire et devait être refusée le moins souvent possible dans ces contextes amoureux.

Et puis, toutes ces normes sont toujours basées sur l’hétérosexualité, en mettant complètement de côté l’existence des personnes LGBTQIA+.

Implicitement, on ne présente donc pas le plaisir et le consentement des femmes comme étant prioritaires, ce qui amène de lourdes conséquences. La culture du viol invalide et banalise les agressions commises au sein de relations conjugales, alors qu’elles sont très fréquentes.

La main de l'homme tenant une main de femme pour le viol et les abus sexuels

Tinnakorn jorruang/Shutterstock

Oui, une personne peut abuser sexuellement de son amoureux(se).  La réalité, c’est que peu importe le type de relation entretenue entre des personnes, rien n’est une preuve de consentement à l’exception d’un oui donné librement. 

Personne ne doit rien à qui que ce soit en matière de sexualité, et tout le monde a le droit de dire non. Peu importe la fréquence et le contexte.

Il n’y a aucune raison valable pour poursuivre ou entamer un contact sexuel si un consentement n’est pas donné. D’ailleurs, c’est super important de comprendre que le consentement peut être retiré à n’importe quel moment, même lorsqu’un contact est déjà en cours. Lorsque cette situation se présente, il faut respecter la volonté de l’autre sans essayer de convaincre.

Rien ne doit être pris pour acquis. Sans un oui explicite, c’est toujours non