Pourquoi je ne souhaite pas un retour à la vie d'avant.

Avec l’arrivée du vaccin contre la COVID-19, un vent d’espoir souffle sur nous et on peut commencer à se dire qu’un jour, cette pandémie va finir par finir. On est-tu tanné des mesures sanitaires? Oh que oui!

C'est bien compréhensible de rêver au retour d'une certaine normalité, c'est même très humain. Hélas, ce n’est pas demain la veille non plus qu'il faudra s'attendre à baisser la garde et vivre comme si de rien n'était. Alors il faut redoubler de prudence d’ici le retour à un semblant de vie normale; on en a la preuve avec tous les cas qui surgissent depuis les dernières semaines.

Mais disons-le : qu'est-ce qu'on a hâte de vivre le retour à la normalité… ou presque! Comment ça, « presque »? Je t’explique. 

Pourquoi on ne devrait pas retourner complètement à la « normale »

L’avenir nous réserve son lot de surprises et je n'ai pas la prétention de savoir à l'avance ce qui va arriver, mais il ne faut pas s’attendre à revenir à un quotidien comme en 2019 pour autant. Les choses sont arrivées, elles se sont passées, elles nous ont changés. Et on ne devrait pas l'oublier! À nous de jouer pour la suite des choses. 

Je sens malheureusement chez certains cet empressement de faire les mêmes erreurs qu’avant. Pourtant, on devrait profiter de cette situation exceptionnelle pour faire des changements globaux. Notre rapport à l’écologie doit absolument changer, parce que notre tendance à détruire les habitats naturels des autres espèces ne fait qu’augmenter nos chances de vivre une autre crise dont on ignore tout. Je ne veux pas être plate, mais c'est ça qui est ça. On récolte parfois ce que l'on sème, alors semons de belles choses. D'ailleurs, on pourrait commencer par continuer de miser sur l'importance de l'achat local quand c'est possible. 

achat local masque

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Bien que le masque enflamme les passions, ce ne serait pas bête non plus d'adopter cette pratique quand on a un p'tit rhume et qu'on doit aller se chercher du sirop à la pharmacie. Peut-être que de garder ses virus pour soit sera enfin une marque élémentaire de courtoisie et de bon sens?

Et puis, les changements climatiques des prochaines années risquent de nous donner pas mal de fil à retordre si la tendance se maintient. Si nous n’avons pas appris avec cette expérience collectivement troublante que tout ne tient qu'à un fil, nous n’avons rien compris. La normalité, on l’étouffe nous-mêmes avec nos comportements irresponsables collectifs, qu’on ne sait plus comment arrêter. J’aimerais absolument qu’on ne retourne pas à la normale en ce sens et qu’au contraire, on s’adapte tout de suite au monde de demain, pour ne pas le rendre impossible avant même sa naissance. 

Est-ce qu'on va y arriver? Ce n'est pas gagné...

Avoir hâte à la normalité pour pouvoir enfin retrouver ceux qu’on aime

La vie normale, au fond, c'est quoi? Ce qui nous manque le plus, je pense, c'est la possibilité d'être en présence des autres, simplement, sans craindre les conséquences négatives. Cela dit, certains se réjouissent de ne pas avoir à voir du monde durant la pandémie, et on est bien contents pour eux! On espère qu'il pourront continuer de le faire, si c'est ce qu'ils souhaitent.

Sauf que voir des sourires, ça, ça me manque! Même si le masque réchauffe à -40°C, il fera bon de l'enlever un jour ou l'autre pour pouvoir lire l'émotion dans les visages à nouveau, et carrément juste s'entendre parler à travers le Plexiglas quand on va au dépanneur s'acheter un paquet de gomme. 

Une autre chose qui manque le plus à la vie depuis mars 2020, c’est de pouvoir être parmi ceux qui nous sont chers, sans craindre d’être trop proches, de contaminer des gens, de tomber malade, d'infecter accidentellement le cousin de la soeur du beau-frère du voisin de notre grand-mère. C'est lourd à porter, ce risque, à la longue. Imagine, pouvoir se prendre dans nos bras, et faire des câlins chaleureux à nos amis sans souci, ou simplement se faire un vrai high-five. Je ne pensais pas un jour rêver de faire un high-five....

retour normal voir ceux qu'on aime

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Mais tsé, ça ne veut pas dire qu’il faut commencer à forcer les gens à recevoir des câlins qu’ils ne veulent pas d’un mononcle fatigant. Dans un sens, ne plus devoir faire la bise à de semi-étrangers par politesse, si ça ne nous tente pas, c'est une excellente chose. Et j’espère que ça ne reviendra pas complètement à la normalité. On va se coller, mais juste si ça nous tente. Yé!

Faire des activités culturelles comme si de rien n'était

J’ai oublié l’odeur des musées, ce parfum bien spécial qui me manque terriblement. Te souviens-tu du bien que ça faisait, de ressentir l’énergie des concerts de nos artistes préférés? D'allez manger au resto avec ses amis sans devoir enfiler un scaphandre? Voir un match de sports dans les gradins pour la première fois avec son enfant. Regarder un film sur grand écran en se léchant les doigts entre chaque bouchée de popcorn?

Ces petits bonheurs de la vie en société seront un jour de retour, progressivement, on finira par déconfiner la culture et on peut parier que ce sera un baume intérieur incroyablement apaisant.

Pourvoir passer 15 minutes sans se mettre du gel hydroalcoolique

Les mesures sanitaires sont primordiales afin de prévenir de se passer des microbes entre nous, mais qu’est-ce que nos mains seront contentes quand viendra le temps de les désinfecter un peu moins souvent. En attendant, beurre-toi de crème, kossé tu veux j'te dise!

Par contre, j’espère vraiment que ceux et celles qui ne se lavaient pas les mains en sortant de la salle de bain auront appris cette leçon de base du savoir-vivre et de l’hygiène personnelle. Sérieux, c'est dégueu. La pandémie aura au moins eu ça de bon, mais ça aurait été le fun que leurs parents leur enseignent la base, il y a quelques décennies. 

Ouf, je suis tellement tannée de sentir l’alcool sans jamais pouvoir aller dans un bar, pas toi? Mais on est faits fort, on est capable de se passer de nos 5 à 7 dans une microbrasserie encore un peu, ce n’est vraiment pas si pire si on se compare aux grandes crises historiques de l'humanité. 

Retrouver le plaisir du « présentiel »

J'ai l'impression que la dernière fois que j'ai vu des gens en personne, outre la caissière d'épicerie, c'était hier, mais c'était aussi il y a 10 ans. 

Le télétravail généralisé et l’école à distance sont des choses qu’on peinait à imaginer avant la pandémie. Et pourtant, ça nous a permis de continuer, imparfaitement, à travailler et apprendre. J’ai hâte de revoir mes collègues en vrai, savoir si le gris cactus a survécu au confinement, de vivre nos moments comiques au bureau et nos conversations insipides autour de la machine à café.

Par contre, le télétravail a de grands avantages pour plusieurs travailleurs qui n’ont plus à passer des heures chaque semaine dans le trafic et qui sont encore plus productifs qu’au bureau. Alors il serait bien de faire un compromis entre les deux quand c’est possible. Le meilleur des deux mondes, quoi! 

Je souhaite par contre aux étudiants de retrouver bientôt le plaisir d’être en classe devant un professeur qui les inspire dans leurs apprentissages (espérons-le, en tout cas!). Ce n’est pas évident de tout faire en ligne, et même si on est tellement chanceux d’avoir la technologie de notre bord, vivement le retour à la normale de ce côté-là! C'est tellement important, la connexion (pas le wifi) quand on tente de s'élever, d'apprendre, de grandir. Les autres contribuent à ce que l'on devient.

Étudiants contacts en vrai

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La plupart d'entre-nous font un effort monumental pour réduire nos contacts au minimum absolu et agir de manière responsable, et bien qu'on ne sait pas exactement comment tout ceci se déroulera et ce qui demeurera, quand viendra le jour d'enlever nos masques en allant chanter au karaoké, eh bien on va avoir de quoi être fiers et célébrer en chantant My Heart Will Go On à pleins poumons comme s'il n'y avait pas de lendemain!

On espère qu'il y en aura un, mais que ce ne sera pas trop un lendemain de veille.