Mariana Mazza, veux-tu être mon amie?

Allô Mariana Mazza,

J’étais tranquillement installée au fond des couvertures de mon lit, dans mon délire fiévreux suite à une belle grosse grippe d’homme, coupée du monde dans tout ce qu'il a de plus beau et de plus terrible à offrir, quand j’ai vu passer ce qui m’a d’abord semblé être une hallucination.

#LesGens semblaient se soulever collectivement contre une énorme injustice sociale. Étaient-ils fâchés contre Bombardier d'avoir encoooore déçu le peuple? Contre une prise de position du gouvernement? Contre l’oppression du travailleur moyen et du plus petit? Contre le taux de plastique contenu dans le ventre d’une baleine noire? Contre les féminicides ou le taux de suicide chez les hommes? Contre la difficulté d'accès aux services d'aides abordables en santé mentale?

Non. Les gens étaient en tab* contre ton passage à Tout le monde en parle dimanche dernier, car ils te trouvent vulgaire et pas de classe, ça a l'air. Eh ben. 

Afin de creuser directement à la source de ce soulèvement populaire, je suis allée regarder les extraits en question sur le Web.

Au début, je t'ai trouvée un peu scriptée, comme la bonne élève qui a fait ses devoirs. Puis le naturel est revenu au galop lors de tes interactions spontanées. 

Pffff! Qu’est-ce que j’ai pouffé de rire de t’entendre dire, affectueusement et tout en complicité ludique : « Mon tabarnak! » à l'une des plus grandes figures de l'histoire du hockey et de la saucisse à hot-dog.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Mariana, je t’aime. Sincèrement.

Il y a bien une fois ou deux où tu m’as fait sourciller avec tes paradoxes dans quelques interventions maladroites sur les réseaux sociaux, et ça arrivera peut-être encore, mais s’il y a une chose que je sais, c’est qu’on a besoin de plus de femmes comme toi pour s’exprimer authentiquement au Québec qu'on a besoin de modèles de bienséance pour apprendre à se taire.

Oui, il y a des moments pour le silence et l'écoute. Mais pas durant un spectacle de divertissement où tu fais partie des invités. Parce qu'on va le dire, c'était un des meilleurs épisodes de Tout le monde en parle que j'ai vu depuis longtemps. 

Mariana Mazza Laurent Duvernay-Tardif Guy Lafleur

Avanti Groupe/Karine Dufour

Sacrer n'est ni un signe de classe ni un signe d'absence de classe. La vie est tellement plus complexe que ça. 

Sérieux, tu peux me traiter de « tabarnak » quand tu veux, ça va vraiment être un plaisir de recevoir ce mot doux. Surtout en voyant comment tu étais de bonne foi quand tes allocuteurs t’en sortaient une dans les dents, à leur tour.

Tout est dans le ton, dans l'intention et dans le désir de jouer un match honnête. 

Il me semble bien comique qu’en cette époque de soi-disant laïcité, on réfère à l’émission de Guy A. Lepage comme étant la Grande messe du dimanche soir, et à l’animateur, comme un Pape. Pourtant, on a beau lui donner le sobriquet qu’on veut, TLMEP c’est un show de télé, pas une visite au Vatican.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Mais revenons-en à dimanche. Je n’ai jamais considéré TLMEP comme une émission où les invités doivent particulièrement faire preuve de classe. Plusieurs politiciens corrompus, criminels reconnus et hypocrites bien en vue ont fait leur apparition sur ce plateau sans nécessairement créer d’évanouissements collectifs.

Il fallait bien que ton passage provoque la colère de tous ces exemples de grande classe, qui te varlopent sur Internet depuis en te traitant de grosse torche

Je suis d'avis que si Martin Matte avait dit exactement les mêmes propos que toi, ça aurait passé avec un rire bien gras chez la plupart des téléspectateurs.

Sais-tu quelle est la différence entre toi et Martin Matte, Mariana? Voici quelques mots-clés : jeune, femme, racisée, assumée et... chevelue?

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Parce que Matte aurait fait son baveux sous le masque de son personnage, mais en n'osant pas afficher qui il est profondément. 

Mais bon, laissons ce pauvre Martin en paix et qui n'a littéralement rien fait, puisqu'il n'est pas la personne que je veux friender ici. 

Mariana Mazza, veux-tu être mon amie? 

Derrière les faux habits de la bonne parure, tes critiques te reprocheront d’avoir osé être chummy chummy avec de grandes sommités comme Laurent Duvernay-Tardif et surtout, surtout Guy Lafleur.

On comprendrait le tollé si on n’avait pas deux yeux et deux oreilles pour voir comment cette légende québécoise a eu du plaisir à interagir de bonne guerre avec toi et ta spontanéité.

Mais ce qui m’a le plus ébloui de toi entre deux sacres, c’était de voir l’empathie, l’écoute et le respect qu’affichait ton visage et ta posture lorsque Alain Lefebvre s’est ouvert au sujet de la grande misère humaine dont il a souffert tout jeune. Je ne crois pas que tous les membres de la haute société des gants blancs auraient trouvé en eux cet espace de respect à offrir à l’autre. En puis, tu lui a remis un solide sourire aux lèvres assez vite. #BFF

Mariana Mazza sourire TLMEP

Avanti Groupe/Karine Dufour

Parce qu’avoir de la classe, c’est quoi, finalement? Selon le Larousse, il s’agit « d’une qualité exceptionnelle, d’une distinction de quelque chose ou de quelqu’un ». C’est assez pour me confirmer ce que je croyais déjà savoir : comme quoi ton audace d’être vraie envers les gens que tu rencontres, peu importe leur niveau de sainteté collective, fait de toi un modèle d’affirmation et de respect, même quand tu affiches la « face impolie » de ta lune. 

J’ai toujours pensé que les gens à qui on peut faire le plus confiance sont ceux qui traitent le concierge d’une compagnie avec la même considération que le PDG.

S’il t’arrivait un jour d'être atteinte par cette maladie qu’est la fausse classe des bien-pensants, je serais bien déçue de perdre une alliée dans ton genre dans le club élite de gens de grande valeur qui créent un souffle d'oxygène au milieu d'une société qui manque parfois de fenêtres. 

Parce que tu es d’une classe à part et que je ne suis pas la seule à avoir eu les yeux brillants à te voir aller, Mariana Mazza, je te considère déjà comme la plus vraie des amies, même si je te connais fuck all