Journal d’une anxieuse en confinement

J’ai un questionnement qui me trotte dans la tête depuis des mois : suis-je la seule à trouver que le terme « anxiété » est utilisé à tort et à travers en cette situation de pandémie? Je comprends totalement que le confinement soit pour la plupart démoralisant et stressant; le fait de ne plus avoir de contacts sociaux physiques, de jongler avec de nouvelles responsabilités et de vivre dans l’incertitude sur plusieurs sphères de sa vie est loin d’être évident. Je suis réellement empathique avec tout ça.

Toutefois, je crois qu’il est plus ou moins approprié d'associer les mots « anxiété » et « stress », même dans le contexte actuel. Il y a une énorme différence entre l’anxiété et le stress, et pourtant, j’ai l’impression qu’on les emploie plus que jamais comme des synonymes, ce qui minimise par le fait même ce que les gens anxieux vivent au quotidien.

Liane anxieuse

Liane Fauchon

Ce qu’il faut retenir de l'anxiété vs le stress

J’ai écrit à maintes reprises sur le sujet; de la définition aux pistes de solutions, de la dépersonnalisation à l'hangxiety, en passant par le FOMO. L’anxiété est beaucoup plus complexe qu’un symptôme en soi, c’est un état d’esprit qui varie de jour en jour.

L'anxiété n’est pas une réaction à une situation, c’est un sentiment de mal-être envahissant et paralysant qui prend de l’expansion sans raison apparente, contrairement au stress.

C’est principalement la raison pourquoi, selon moi, ressentir de l’anxiété subitement et spécifiquement face à la COVID-19 est insensé.

hangxiety anxiété et hangover

Fizkes/Shutterstock

Mais comment se sent une anxieuse en pandémie, donc?

Voici un léger aperçu de mes 7 derniers mois. En espérant que tu te sentes moins seule.

Hello la best life! – Mars à avril

Si tu es aussi anxieuse que moi en temps normal, je suis persuadée que ton niveau d’anxiété a toi aussi drastiquement diminué au cours du premier mois de confinement. Il faut savoir que pour les anxieux, la maison, c’est comme un safe space. Si une crise de panique apparaît ou si le moral est fragile, c’est LA place où on veut être, à l’abri du regard, du jugement et des questionnements des autres.

Quarantaine oblige, tu comprendras que l’anxiété a rapidement enfilé ses pantoufles. Je me sentais un peu comme dans le film Home Alone; c’était un réel sentiment de satisfaction de pouvoir me concentrer seulement sur moi et de faire ce que je voulais, quand je le voulais.

D'ailleurs, le monde entier était confiné à la maison, ce qui me donnait la certitude que je ne manquais absolument rien, j’avais l’esprit tranquille et léger.

Shutterstock - Maria Evseyeva

Des montagnes russes ou quoi? – Avril à mai

Évidemment, c’était beaucoup trop beau pour durer. Il fallait bien combler le manque d’interactions physiques en quelque part. Plus de temps à la maison sans contacts sociaux impliquait nécessairement de passer plus de temps sur les réseaux sociaux. Te rappelles-tu quand tout le monde s’est mis à faire du pain? Des 5 à 7 sur Zoom? Des entraînements à toute heure du jour?

À force d'être sur les médias sociaux 24/7 à partager nos vies de façon frénétique, on est rapidement devenus blasés et la best life s’est transformée en une pression sociale envahissante. Notre saturation collective face à cette pluie incessante de contenus nous a enlevé notre envie d’interagir.

Je ne sais pas pour toi, mais le fait de ne plus avoir de vraies relations physiques et récurrentes avec mes amis et mes proches, j'ai trouvé ça vraiment difficile sur la confiance en moi.

Le boomerang qui revient – Juin à septembre

Et puis le confinement s’est levé, puis on a repris enfin notre train-train quotidien « normal ». J’anticipais ce moment avec réticence. C’était non seulement le retour de mon FOMO, mais aussi de l’anxiété exposant 1000.

Le simple fait de retourner au travail, de reprendre les transports en commun ou de revoir les gens en personne était pour moi une tâche extrêmement énergivore et inconfortable. Bye bye les pantoufles...

Shutterstock

Apprendre de la première vague pour mieux affronter la deuxième

Bien que ça sonne défaitiste comme témoignage jusqu'à maintenant, j'entrevois la deuxième vague d’une façon vraiment plus positive. Je me sens davantage outillée.

Voici quelques suggestions qui, je l’espère, t’aideront toi aussi mieux la gérer.  

Établis-toi une limite *réaliste* à ne pas dépasser sur les médias sociaux

Personnellement, j’ai décidé de cesser complètement de regarder mes stories et mon feed. Je me limite seulement à consulter mes notifications et mes messages directs.

Sors bouger chaque jour, ne serait-ce que 15 minutes

Avec le soleil qui est moins présent, c’est encore plus important d’accorder du temps à ta santé mentale et le sport est non-négligeable!

Abuse des choses qui te font du bien

Que ce soit écouter des dizaines d'épisodes de Sex in the City de suite, faire de la peinture ou danser en bobettes dans le salon, lâche-toi lousse et canalise ton anxiété!

Stimule ta curiosité

Il y a tellement de podcasts à écouter et de sujet à approfondir. Mettre son attention ailleurs aide définitivement à faire passer le temps et en plus, le fait d’apprendre de nouvelles choses te sortiras instantanément du mode « blasé ».

Femme qui écoute podcast

stockfour/Shutterstock

Ris sans modération

Il y a tellement de séries drôles à écouter et réécouter, tu as du choix, peu importe ton genre d’humour! Je t’avouerais que j’ai un faible pour Brooklyn 99. C'est la faute d'Andy Samberg.

Fais-toi une playlist qui te rappelle ton secondaire

Je te jure, on sous-estime la bonne humeur que la nostalgie peut nous apporter. De danser sur du Hellogoodbye ou de bounce sur du Sniper, c’est étonnamment satisfaisant!

Sur ce, bon deuxième confinement et n'oublie pas : cette période est temporaire.