Anxiété et dépersonnalisation : non, vous n'êtes pas en train de virer fous

En 2020, le sujet de l'anxiété est sur toutes les lèvres. Et c'est tant mieux, puisqu’on semble plus familier avec le concept. Mais en même temps, je trouve ça dommage puisqu’on banalise par le fait même ses symptômes. On dirait que plusieurs s’auto-diagnostiquent tout d'un coup un trouble anxieux.

Pour les personnes qui vivent au quotidien avec de l’anxiété, tout comme moi, c’est un peu frustrant. Non pas parce qu’on nous vole le spotlight, au contraire, mais bien parce qu’on se sent davantage incompris.

Jeune femme anxieuse

Diego Cervo/Shutterstock

Il est tout à fait légitime de se considérer comme une personne anxieuse. Il faut toutefois tracer la ligne entre état anxieux, trait anxieux et désordre. L’état est passager, le trait peut être un considéré comme un trouble récurrent et le désordre nuit au quotidien.

J’ai déjà abordé le thème de l’anxiété dans plusieurs de mes articles. Le premier, dans lequel j'ai reconnu que j’étais une personne anxieuse. Le deuxième dans lequel je vous ai immiscé dans ma première crise de panique et le troisième, celui que vous lisez présentement, qui je l’espère, apportera certaines nuances sur ce trouble encore méconnu du commun des mortels (les non-anxieux).

Depuis ma première crise de panique, j’en ai fait d’autres, sans surprise. Je vous ai partagé comment je l’ai vécue et gérée, mais je n’ai pas abordé l’autre côté de la médaille. Ce qui est énergivore avec l’anxiété, c’est la peur qui nous envahit sans prévenir, mais AUSSI d’avoir à camoufler cette sensation handicapante, peu importe la situation dans laquelle on se trouve; au travail, dans l’autobus, à un rendez-vous, etc.

femme anxieuse train

Bricolage/Shutterstock

L’anxiété vient avec un lot de symptômes psychiques et physiques, qui varient à chaque fois et qui se vivent différemment pour toutes les personnes anxieuses.

Notre cerveau nous joue réellement des tours. En essayant de se protéger, celui-ci peut engendrer des sentiments assez complexes, dont la dépersonnalisation ou la déréalisation. C’est intense en titi m’a vous dire. En gros, c’est un sentiment d’irréalité ou d’étrangeté par rapport à soi-même (dépersonnalisation) ou par rapport au monde extérieur (déréalisation).

Si cela vous arrive, je vous rassure, vous n’êtes pas en train de devenir fous. Vous vous sentez étranges et vous essaierez de comprendre et contrôler tout ce qui se passe dans votre tête, mais rappelez-vous que ce ne sont que des SENSATIONS.

Femme anxieuse en public

Tero Vesalainen/Shutterstock

Comment agir avec une personne anxieuse dont le comportement peut sembler, par moment, étrange? Conseil : ne jamais souligner le fait qu’elle semble différente, vous ne ferez qu'alimenter ses angoisses. Laissez-lui du temps et de l'espace pour reprendre le dessus. Le simple fait d’être compréhensif et ouvert est amplement suffisant.    

5 trucs qui aident à briser le cercle vicieux que peut causer la dépersonnalisation et/ou la déréalisation :

1. Dédramatisez : acceptez que ces symptômes soient désagréables sur le moment. Ayez confiance qu’ils se dissiperont naturellement et vous regagnerez votre calme.

2. Évitez de focuser sur vos symptômes : plus vous alimentez l’attention que vous leur portez, plus ils persisteront. Portez votre attention sur autre chose, comme sur une tâche.

3. Tentez de ne pas vous poser trop de questions : dans des moments d’angoisse, il est tout à fait normal de se poser toutes sortes de questions. Évitez de tomber dans l’analyse et redirigez vos pensées dans ce que vous faisiez avant qu’elles apparaissent.

4. Relaxez : yoga, méditation, méthode Jacobson.... Tous les moyens sont bons pour essayer de maitriser votre anxiété. L’important est de consacrer au moins un moment par jour au relâchement de votre système nerveux.

5. Recentrez-vous sur le moment présent : sortez prendre l’air, suscitez des interactions sociales.

L’anxiété est tellement complexe. C’est pourquoi il est important d’en parler, de partager comment on se sent, de dédramatiser, de mettre le doigt sur le pourquoi du comment. Ne soyez pas apeurées d’aller voir un psychologue; celui-ci n’est pas là pour vous juger, mais bien pour vous rassurer.

Vous êtes fortes, tenez bon!