7 fausses croyances sur la sexualité féminine qui doivent cesser

La sexualité est quelque chose de très complexe. Et ça peut te paraître surprenant, mais jusqu’à tout récemment, celle des femmes était très peu étudiée. Il a fallu attendre 1998 (ceci n'est pas une mauvaise blague) avant que l’anatomie complète de l’appareil génital féminin soit compris.

Ça explique peut-être pourquoi la sexualité féminine a toujours été considérée comme si mystérieuse… Et qu’elle fait l’objet de nombreux mythes qui persistent encore aujourd’hui.

Heureusement, dans les dernières années, la recherche - autant clinique que neuropsychologique - s’est grandement améliorée, en grande partie parce que de plus en plus d’experts sont en fait des expertes, c’est-à-dire elles-mêmes des femmes.

Voici donc quelques mythes sur la sexualité féminine qui sont soit carrément faux, soit hautement remis en question à l’heure actuelle. 

1. Le clitoris est tout petit

Grosseur clitoris

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Ce que je trouve le plus incroyable, c’est que jusqu’à il y a une vingtaine d’années seulement, c’était ce que la science présentait comme vérité. Pendant des décennies et même des siècles, personne n’avait pensé à mieux étudier et comprendre à quoi ressemble un clitoris de l’intérieur.

Alors, tiens-toi bien, le clitoris est loin d’être seulement un « petit bouton » situé au haut de l’appareil génital féminin. En fait, le clitoris ressemble beaucoup plus au pénis qu’on pourrait le croire : ce petit bouton, c’est seulement le gland. Il y a toute une partie enfouie, avec 4 branches (deux ailes et deux bulbes) qui mesurent en tout environ 10 cm de long. Ces quatre branches sont hautement érectiles : elles se gorgent de sang lorsqu’elles sont stimulées. 

Le clitoris est le seul organe du corps humain, chez les deux sexes, qui existe simplement pour procurer du plaisir. Il comporte en tout plus de 15 000 terminaisons nerveuses, soit deux fois plus que le pénis.

2. Le point G existe

Point G masturbation

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Le point G, ce serait un endroit situé à l’intérieur du vagin, qui procurerait un très grand plaisir lorsque stimulé. Pas de problème jusque-là… Le truc, c’est plutôt que sa popularisation a causé beaucoup plus de sentiments négatifs que positifs. Pour certaines femmes, il semblait impossible à atteindre, ce qui ne faisait que causer une impression d’être anormale, incapable ou fautive. Selon le magazine Cosmopolitan, près de la moitié des femmes auraient éprouvé de la frustration, de la confusion ou même de l’anxiété par rapport à ça. 

En fait, la chercheuse qui l’a « découvert » en 1982 n’a jamais dit que chaque femme possédait cette zone en elle, ni qu’elle se trouvait à un endroit précis ou avait des caractéristiques propres. Et depuis que la nouvelle anatomie du clitoris est davantage connue, les experts comprennent beaucoup mieux la mécanique impliquée : en fait, le point G, c’est le clitoris!

Et ça correspond uniquement à différentes manières dont les femmes peuvent expérimenter du plaisir. Certaines réagissent à une stimulation extérieure uniquement, certaines intérieure, certaines les deux. C’est tout. La sexualité devrait être positive et agréable : pas besoin de s’en faire pour ça!

3. Il y a différents types d’orgasmes

Orgasmes

Butter & Scotch

Un orgasme peut être ressenti différemment d’un autre; plus ou moins intense et même à différents endroits. Mais en fait, les experts ne sont même plus vraiment certains qu’il existe réellement des orgasmes typiquement « vaginaux » ou « clitoridiens ». Avec la nouvelle et très récente anatomie du clitoris révélée, certains chercheurs croient que même lorsqu’une femme expérimente un orgasme dit vaginal, ce sont en fait quand même des tissus et des nerfs liés au clitoris – inextricablement liés à ceux du vagin – qui sont stimulés.

D’autres continuent de croire par contre qu’il existe bel et bien deux types d’orgasmes, parce que dans des tests d’imagerie médicale, ce sont différentes régions sensorielles du cerveau qui sont activées.

Chose certaine : ce n’est pas anormal de ne pas éprouver différents types d’orgasmes. Chaque femme est unique; son anatomie également.

4. Les femmes ne sont pas intéressées à une rencontre uniquement sexuelle

No Slut Shaming

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Pendant très longtemps, c’est ce qui était perçu en psychologie : que la grande majorité des hommes (70%) pouvaient désirer une expérience uniquement sexuelle, sans attachement envisagé entre les deux partenaires, mais qu’aucune femme (0%) ne souhaitaient la même chose.

Mais en poussant ce stéréotype plus loin, les chercheurs ont réalisé que cette énorme différence était pratiquement annulée lorsqu’ils éliminaient… la stigmatisation potentielle. En effet, ce qui retenait surtout les femmes, c’est qu’elles étaient vulnérables au fait que la société croit en général que les femmes qui ont des relations uniquement sexuelles sont des [mot dérogatoire que je n’ai pas envie d’utiliser].

Lorsqu’on enlevait la possibilité de se faire slut shamer pour leur comportement, les femmes considéraient ce type de rencontre sexuelle dans une proportion comparable à celle des hommes.

5. C’est plus difficile pour les femmes d’atteindre l’orgasme

Atteindre l'orgasme femme homme

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Physiquement, ce n’est pas du tout le cas. Mais dans la réalité, c’est autre chose parce que la capacité à atteindre l’orgasme peut aussi être liée à différents facteurs : la connexion et l’intimité, la connaissance de soi-même, l’état mental, la perception de son propre corps, la prise de certains médicaments, les traumatismes sexuels passés, etc. 

C’est un fait que dans les relations hétérosexuelles en général, les femmes ont moins d’orgasmes que les hommes. Mais souvent, ça ne dépend aucunement de la capacité physique de la femme! Peut-être beaucoup plus de deux autres facteurs simples :

  1. Le manque de connaissance de soi-même et de son corps. Ce n’est pas une critique, simplement une constatation du fait qu’il y a peu d’éducation et beaucoup de tabous autour de ça dans notre société. 
  2. L'apport plus ou moins habile et attentif du (ou de la) partenaire. 

Encore une fois, ce n’est pas pour critiquer les hommes comme étant peu sensibles au plaisir de leur conjointe ici, c’est beaucoup plus complexe, délicat et personnel que ça. C’est probablement plus comme une roue qui tourne : la femme n’a jamais tant exploré ce qui lui fait plaisir, elle n’ose pas trop communiquer à son partenaire ce qu’elle aime, l’homme n’a jamais reçu beaucoup d’éducation « de la vraie vie » (en dehors de la porn) à ce sujet, etc.

S’assurer que la partenaire est satisfaite, c’est vraiment plus comme une responsabilité partagée, qui s’apprend et se bâtit avec le temps, sans trop se mettre de pression.

6. Les femmes sont plus susceptibles d’être monogames

Stop monogamy

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De plus en plus d’études remettent ce fait en question. Wednesday Martin, une auteure qui possède un doctorat en études culturelles, psychanalyse et anthropologie, est catégorique là-dessus : malgré tout ce qu’on nous a enseigné, ce ne sont pas les hommes qui ont besoin de plus de variété au lit ou dans le choix de leur partenaire… C’est plutôt complètement l’opposé.

« Les femmes voient leur libido diminuer lorsqu’elles deviennent très familières avec leur partenaire et surtout lorsque celui-ci les "désexualise", par exemple en les voyant désormais beaucoup plus comme une mère qu’une partenaire au lit. Maintenant, les chercheurs croient que ce ne sont pas tant les hommes qui sont susceptibles de "trouver leur vie sexuelle plate" après le mariage [ou un engagement à long terme]; c’est en fait plus dommageable pour la libido de la femme ».

Martin ne veut pas inciter les femmes à tromper leur conjoint, mais elle souhaite plutôt faire tomber les stéréotypes, faire réfléchir et aussi, déculpabiliser les femmes qui ne se sentent pas heureuses dans la monogamie à long terme.

7. Toute femme « normale » éprouve du désir sexuel

désir sexuel

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La vérité, c’est que les chercheurs pensent qu’il y a probablement autant de personnes asexuelles, c’est-à-dire qui éprouvent très peu, voire aucun désir sexuel tout au long de leur vie, que de personnes homosexuelles.

Et ça implique d’ailleurs autant les hommes ou les personnes non-binaires que les femmes. Mais les gens n’ont pas tendance à s’afficher comme tel; c’est très tabou de s’exposer comme étant « à l’extérieur » de notre société hypersexualisée...

Être asexuelle est différent d’avoir une panne de désir temporaire : le désir, peut-être encore plus chez les femmes, est quelque chose de fluide, qui peut varier au cours des stades de la vie. Il n’y a donc pas de normalité ni de comparaison aux autres à faire par rapport à ceci.

C’est toi qui connaît TA propre normalité et encore, c’est possible que celle-ci change selon différents facteurs.