Qui décide si tu es belle ou non?

Qui décide si tu es belle ou non? Qui t’oblige à ne pas aller à la plage avec tes amies parce que tu te trouves grosse dans ton bikini?

Qui te force à prendre la décision de ne pas aborder la personne qui te fait triper, de ne pas demander ton augmentation de salaire, de ne pas suivre ce cours de yoga qui t’intéresse parce que tu ne te sens pas à la hauteur? 

 

Une photo publiée par Laure N (@mistral_) le


C’est vraiment toi qui a envie de te faire du mal, consciemment tous les jours? De t’haïr un peu plus jusqu’à avoir de la peine au point de vouloir te cacher?

Le manque de confiance en soi, c’est dur à gérer. Ça nous habite dans toutes nos activités et nos interactions sociales… et on ne comprend pas toujours pourquoi on se sent comme ça. Ça touche presque tout le monde, malgré ce qu’on pense.

La semaine passée, par exemple, j’ai décidé d’aller magasiner (une activité que je déteste au point de l’éviter le plus possible) et je me suis trouvée moche comme jamais. Pas moche, carrément laide. Je ne me sentais pas à ma place, je me sentais tellement différente des autres filles et j’avais une seule envie : rentrer chez moi. J’avais l’impression que mon corps était hors norme.

C’était encore pire quand j’étais ado; je me souviens avoir pleuré dans des cabines d’essayage plus d’une fois.

Et je m’en suis voulu de me détester comme ça. Je ne serais jamais aussi méchante avec une autre personne… Mais quand ça vient à moi, je m’en permets. Un vrai festival des insultes et de l’insécurité.

Les causes de nos insécurités

Peu importe à quel point je progresse là-dedans (tsé, s’aimer c’est vraiment un combat quotidien), j’ai des rechutes. Je me trouve belle en général, mais il y a des situations où je me sens vraiment désemparée. Et je trouve ça tellement poche, tellement inutile, tellement con. Je ne comprends pas pourquoi je me sens comme ça. 

Ça ne peut pas être instinctif! Personne ne se dit : « Yay je vais m’haïr la face aujourd’hui! ». Il y a forcément quelqu’un quelque part qui décide comment on devrait se sentir. L’industrie des médias? De la mode? De la beauté?

En fait, c’est un peu de tout.


S’il y a bien une chose qui fait vendre (que ce soit des nouvelles, des vêtements, des produits pour la peau, etc.), c’est l’insécurité. C’est extrêmement profitable pour les compagnies de te faire croire que tu dépends d’eux pour être riche/puissante/belle/sexy.

Pour créer un besoin chez toi, ils ont besoin de te jouer dans la tête longtemps. Et insidieusement. De t’exposer à des corps standardisés, à des peaux sans relief, à des styles monotones et identiques. Tous les jours, on est confrontés à une esthétique uniforme, propulsée en grande partie par les médias sociaux.

Pas de place pour les tatouages, les cheveux colorés, les rondeurs, les filles musclées, les femmes de couleur et les styles éclatés.

 

Une photo publiée par Calvin Klein (@calvinklein) le


Tripes-tu vraiment sur les maudits pantalons de yoga? Le gros contour brun style Kim Kardashian? Non? Pourtant, il y a fort à parier que tu trouves ça beau pareil, d’une certaine façon. Te sens-tu libre de penser?

Bien sûr, la confiance en soi dépend de milliers de facteurs; ta famille, tes amis, ton background, ton caractère... Mais on s’entend que de voir un seul modèle de beauté SANS ARRÊT, ça donne une seule envie : se remettre en question.

Retouche photo : toute la vérité derrière le métier de retoucheur photo article teaser

J’ai jamais vu de cellulite sur les mannequins de bobettes. Pourtant, la majorité des femmes en ont à un certain degré. J’ai jamais vu de fille pas maquillée dans une pub. Pourtant, plusieurs d’entre nous se maquillent peu ou pas. J’ai jamais vu une fille avec les jambes pas faites dans un magazine. Pourtant, t’as ben le droit de pas te raser si ça ne te tente pas (moi je vais souvent au gym pas rasée; f-that)!


 

Des campagnes « body positive »

Heureusement, il y a des campagnes très « body positive » qui émergent tranquillement… Mais elles peinent à se tailler une place dans nos fils Facebook remplis de publicités malsaines et de photos de vedettes retouchées.

Et trop souvent, quand des médias ou des compagnies mettent de l’avant des personnes « hors-normes » ou des filles « différentes », celles-ci sont presque systématiquement stigmatisées. Par exemple, la compagnie se félicite haut et fort d’avoir gentiment accepté de prendre une plus-size et l’internet salut son « courage ».

Voyons misère! C’est une fille comme une autre qui pose comme n’importe quelle mannequin. 


Trois campagnes ont retenu mon attention dans les dernières semaines et m’ont (un peu) redonné espoir.

D’abord, les magnifiques photos de Lena Dunham et Jemima Kirke pour la marque de lingerie Lonely. Les filles présentent le produit avec candeur sans nécessairement prendre des poses suggestives qui n’ont pas d’allure, sans être retouchées et en se tenant loin des stéréotypes (yep, on voit même un mamelon!).


Il y a aussi le All Woman Project, qui fait du bien! Ce sont deux mannequins qui se battent contre les étiquettes qui sont constamment imposées aux femmes (c’est une fille « curvy », c’est une « tom boy », etc.) et qui limitent leur représentation dans les médias, ce qui bien sûr, nous empêche d’être 100% confiantes.

Les photos du compte Instagram @allwomanproject sont puissantes.


Finalement, j’ai été soulagée et heureuse de découvrir cette photo sur le compte de Nike Women :

 

Une photo publiée par NikeWomen (@nikewomen) le


Une fille plus ronde que ce qu’on a l’habitude de voir sur le « feed » de la marque, sans aucune allusion à son poids ou sa silhouette! Juste une autre mannequin qui présente un produit et qui nous rappelle que oui, des filles de toutes les formes s’entraînent. Pour moi, ça c’est une vraie publicité « body positive ».

Malheureusement, je n’ai pas encore trouvé de solution miracle pour m’aimer 24/7. Mais je réclame le droit de reprendre possession de ce que je pense de la beauté, de ma beauté. Je refuse de laisser des compagnies me dicter mon look en me faisant sentir que je ne suis pas bien comme je suis.

Alors, à partir d’aujourd’hui, je me donne la liberté de penser ce que je veux de mon corps. Je me donne le droit de m’aimer. Et toi?

 
Les belles filles ont tout ce qu'elles veulent article teaser
 

Commentaires

Recettes

Découvrez fraichementpresse.ca