Vanessa Pilon : « No hair, don't care! »

Il y a un an, je vivais l’un des moments les plus exaltants de ma vie.

Il y a un an, je ne faisais pas l’ascension du Kilimandjaro, ni un voyage dans l’espace.

Il y a un an, je participais au Défi têtes raséesMD Leucan, présenté par PROXIM.


Quand je compare aux grandes choses qu’accomplissent tant de gens chaque jour, et aux défis immenses auxquels fait face une grande partie du globe, ça me gêne un peu d’accorder autant d’importance à ce simple geste. Pourtant, c’est l’une des choses qui m’aura demandée le plus de courage à ce jour et qui, du même coup, me rend le plus fière.

En rasant ma tête, je faisais l’exercice de la vulnérabilité; les cheveux, pour une fille, c’est un peu comme une doudou réconfortante. Ils sont étroitement liés à la féminité, à la beauté, et je me suis longtemps cachée derrière les miens. Par insécurité. Par désir de plaire.


Et pourtant, l’envie de faire un gros « F*** you » à mes peurs, aux dictats de beauté, et un gros « F*** you » au cancer surtout, a fini par prendre le dessus.

Cancer. On connaît tous, de près ou de loin, quelqu’un qui a eu à lutter contre lui. Pour moi, ce quelqu’un, c’est ma sœur Geneviève. Elle a été diagnostiquée il y a un an et demi environ, et elle se bat toujours. C’est d’abord pour elle que je l’ai fait, pour lui manifester ma solidarité et mon amour, mais également pour les enfants atteints et pour leur famille, à qui Leucan apporte un soutien inestimable. Je l’ai fait aussi pour tenter, à ma manière, de dédramatiser la perte des cheveux, qui est une étape particulièrement éprouvante lors des traitements. Surtout pour les filles.

Même si j’étais prête et décidée, honnêtement, le jour du défi, j’ai eu la chienne. J’ai eu peur que les gens me trouvent moins belle. J’ai eu peur de me trouver moins belle, surtout. J’ai eu peur de perdre du travail. J’ai eu peur de faire une erreur… Mais mon cœur parlait plus fort que mes peurs et mon égo. Je devais le faire.

Au moment où je me suis aperçue sans cheveux, j’ai fondu en larmes. De soulagement. De fierté. Comme si toutes mes insécurités étaient tombées d’un coup. Comme si, pour la première fois, je montrais au monde qui j’étais vraiment.
Pour la première fois, aussi, j'ai senti l’air sur mon crâne. Indescriptible plaisir. Puis, j’ai découvert la joie de prendre une douche sans me soucier de mes cheveux, et le bonheur de ne pas avoir à me coiffer. #lespetiteschoses


En rasant mes cheveux, je voulais m’affranchir du désir d’approbation, mais, paradoxalement, je n’ai jamais autant reçu d’attention positive et de bon mots que dans les jours et les semaines suivant mon défi. De mes proches, de mes collègues, mais aussi d’inconnus.

J’ai assisté à des dizaines de Défis têtes rasées depuis le mien et, à chaque fois, j’ai l’impression de découvrir un nouvel humain, encore plus beau, lorsque les cheveux tombent. Je réalise maintenant que la beauté n’a rien à voir avec les cheveux. La beauté, c’est un rayonnement de ce qui vibre en nous. Alors quand on a le cœur qui s’allume, nos yeux scintillent aussi. Et tout autour de nous, on brille.

C’est pourquoi j’ai accepté d’être marraine du défi #LDJLeucan cette année. J’espère, en partageant mon expérience, donner envie à d’autres filles de s'affranchir de leur tignasse, d'expérimenter le sentiment grisant du défi afin d'encourager une cause importante.

J'ai porté la tête rasée avec fierté pendant un an, et il est maintenant temps de passer le flambeau à une autre belle tête.

Parce que des cheveux, ça repousse, mais la satisfaction de poser un grand geste, elle, est indélogeable.

Pour avoir plus de détails sur le défi #LDJLeucan.

 

Commentaires

Recettes

Découvrez fraichementpresse.ca