Pour ou contre la fourrure? Lisez ceci avant de prendre position.

Il y a peu de sujets qui déchainent les passions autant que celui de la fourrure. Alors parlons des faits objectivement et essayons d’en discuter, tout en demeurant dans le respect.
 

Porter de la fourrure : un peu d’histoire

 

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Ce n’est pas uniquement dans la fiction qu’on peut voir de la fourrure chez les hommes des cavernes : les peaux d’animaux furent les premiers vêtements portés par les humains.

La fourrure a également toujours eu une valeur économique importante, puisqu’elle servait autrefois de monnaie d’échange. À mesure que les sociétés ont évolué, la fourrure est devenue associée à la distinction sociale. D’abord réservée aux nobles et aux gens très fortunés, elle est devenue prisée des classes moyennes grâce au symbole d’opulence qu’elle représentait.

Il existe toujours aujourd'hui des endroits nordiques où on porte la fourrure pratiquement quotidiennement en hiver, sans vraiment se poser de questions, par exemple en Russie ou dans la très aristocratique ville de Vienne.

 

La fourrure au Québec

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En ce territoire de « coureurs des bois », notre rapport avec la fourrure est très particulier. En fait, c’est pas mal grâce à la fourrure que nous vivons ici!

Au Québec, la fourrure était beaucoup moins une question de luxe, mais plutôt un bien pratique du quotidien. Il y a 50 ans à peine, presque tout le monde portait de la fourrure au Québec, et elle servait davantage à se protéger du froid polaire.

D'ailleurs, il est vrai que traditionnellement, nos ancêtres amérindiens portaient de la fourrure. Mais cette coutume faisait d’abord et avant tout partie d'un mode de vie en communion avec la nature, qui valorisait et respectait la vie de l’animal tué en utilisant absolument tout ce celui-ci.

Et puis, dans les conditions rudes d'autrefois et surtout en l’absence des commodités modernes que nous prenons maintenant pour acquis (un toit isolé sur la tête, du chauffage électrique, des moyens pour se déplacer bien au chaud et sans effort durant l’hiver, des manteaux et accessoires isolants en textiles techniques, etc.), il faut dire que pour eux, c’était beaucoup plus une question de survie, point!

 

Les deux côtés de la médaille

Pour s’assurer d'adopter un opinion plus objectif, voici un résumé des arguments des deux parties du débat éthique qu'engendre le port de la fourrure :

Selon Christy Griffin, porte-parole de l’association In Defense of Animals : « La fourrure est l’une des industries les plus cruellement flagrantes dans le monde. À chaque année, plus de 50 millions d’animaux sont tués pour leur fourrure sur la planète. 85% de ces animaux proviennent de fermes d’élevage de fourrure lugubres et passent toute leur courte vie dans des cages de métal, pour finir par être tués de manière horrifiante ».

Selon l’Institut de la fourrure du Canada :

  • Le commerce de la fourrure rapporte plus de 800 millions de dollars pour l’économie d’ici.
  • 85% des vêtements en fourrure au Canada sont fabriqués à Montréal.
  • L’industrie est très réglementée et très respectueuse, par exemple en ce qui a trait aux animaux en voie d’extinction et au respect de la faune.
  • Des biologistes participent à la gestion des territoires de piégeage.
  • Les techniques de piégeage correspondent à des normes internationales « sans cruauté ».

 

Comment la fourrure est fabriquée

Clic Animaux

Il faut d’abord tuer l’animal; si ce n’est pas par piégeage, c’est habituellement par asphyxie au monoxyde de carbone, par électrocution ou par empoisonnement.

Dans les pays moins réglementés comme la Chine, des chats et des chiens participent au commerce de la fourrure. Certains animaux sont écorchés pendant qu’ils sont encore vivants, pour s’assurer d’obtenir la plus belle peau possible.

Selon la taille de l’animal, de nombreuses peaux sont habituellement nécessaires pour fabriquer un seul vêtement : pour un manteau, entre 30 et 70 visons, entre 8 et 12 lynx ou entre 10 et 20 renards, par exemple.

Fabriquer un manteau ou un autre article en fourrure est un processus plutôt compliqué. Les peaux sont d’abord nettoyées, étirées puis traitées à la vapeur pour devenir plus duveteuses. Elles sont ensuite parfois rasées afin d’avoir une longueur et une texture uniforme.

La fourrure doit être traitée avec certains produits chimiques pour la rendre plus malléable et plus durable. Elle est aussi parfois teinte. Notons que l’exposition à ces produits est dommageable pour les fonctions respiratoires des travailleurs.

Les peaux sont ensuite cousues ensemble et assemblées selon un patron, à l’aide de machines à coudre spécialisées.

 

La fourrure synthétique


La fausse fourrure est apparue vers les années 50, d’abord en réaction au prix exorbitant de la vraie fourrure et non par souci éthique. Cela dit, la fourrure synthétique a réellement gagné en popularité dans les années 70, en même temps que le mouvement des droits des animaux a fait surface.

Les produits en fourrure synthétique se sont vraiment rafinés avec les années et dans plusieurs cas, ils se rapprochent grandement de la réelle. Il y a de la très belle fausse fourrure aujourd’hui et celle-ci n’est pas très chère!

Il existe par contre des problèmes associés à la fourrure synthétique, le plus important étant qu’elle ne soit pas isolante, donc qu'elle ne permet pas de garder au chaud.

D'ailleurs, elle est fabriquée à partir de dérivés du pétrole, ce qui la rend moins durable au point de vue environnemental. Un vêtement ou un accessoire en fausse fourrure n’est pas très résistant non plus; il ne se conservera probablement pas des années.

 

La fourrure recyclée


Voici maintenant les aspects plus positifs de la vraie fourrure.

Les vêtements en fourrure de qualité sont très, très durables. Biens conservés, certains types de fourrure peuvent être encore en excellent état après 50, 75 ou même 100 ans.

D'ailleurs, la fourrure n’a évidemment pas son pareil pour tenir parfaitement au chaud. C’est une matière enveloppante, confortable, presque sensuelle, avec une subtile odeur musquée très agréable, qui ne semble pas s’atténuer avec le temps.

Et il reste que si les animaux ont déjà été tués, le matériau est disponible.

À cause de toutes ces raisons, la fourrure existante est un textile de choix, qui se prête bien à être réinventé. Le manteau long de votre grand-mère peut devenir une veste plus courte, une toque ou des cache-oreilles!

Certaines personnes se demandent s’il est véritablement éthique de porter quelque fourrure que ce soit, même si elle est recyclée. Il s’agit d’un choix tout à fait personnel. Après tout, personne ne pourra identifier qu’il s’agit bien de fourrure recyclée, alors ça restera tout de même un geste controversé.

Mais on peut également considérer que puisque la matière est « déjà là », la remettre en valeur pour la porter permet de valoriser, voire d’honorer les animaux qui ont déjà donné leur vie.

 

En conclusion

Alors, c’est oui ou c’est non de porter de la fourrure? Les animaux n’ont pas besoin de subir une telle cruauté, c’est clair. De plus, ce n’est définitivement plus une question de survie ou une nécessité aujourd’hui de porter de la fourrure, surtout si on considère le sort réservé aux animaux destinés au marché de la fourrure ainsi que toutes les autres alternatives de vêtements d’hiver.

Il vaut mieux se tourner vers les alternatives, soit la fourrure synthétique ou la fourrure recyclée, si cette dernière s’inscrit dans nos valeurs. Il existe encore beaucoup, beaucoup de belles fourrures anciennes sur le marché qui, une fois recyclées, deviennent un geste plus durable au point de vue environnemental (au lieu d'acheter un nouveau manteau en laine, par exemple).

L’industrie de la fourrure a subi énormément de critiques et on peut se demander si c’est parce qu’elle représente une certaine perception du luxe? Il faut se rappeler que de nombreuses autres industries connexes ayant trait avec notre rapport aux animaux n’ont jamais subi à ce point les foudres des détracteurs, par exemple celle du cuir ou encore de l’élevage et de l’abattage…

 

Donc : êtes-vous pour ou contre la fourrure?

 

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Recettes

  • Pizza déjeuner au basilic

    Temps: 30 min. Portions: 2-3
    croûte à pizza, basilic en tube, fromage fondu, petites tomates, oeufs, oignon vert, Feuilles de basilic frais, Sel, poivre, jaune d'oeuf, eau, citron, beurre
  • Crêpes à l’érable et aux amandes sans gluten

    Temps: 25 min. Portions: 6
    farine de riz brun, poudre d'amandes, poudre à pâte, bicarbonate de soude, sel, babeurre, lait, beurre, oeuf, sirop d'érable