Je ne suis pas une fille, ni un garçon : je suis non binaire

Je ne suis pas une fille, ni un garçon. Je suis une personne non binaire. Ah, oui, hum… quoi? Pardon? De quessé?

Ces deux mots semblent compliqués pour beaucoup de gens, parce que ça vient directement confronter les croyances populaires acquises sur les genres. C’est donc pour ça que c’est important d’en parler, mais surtout aussi d’écouter les personnes concernées lorsqu’elles s’expriment sur le sujet. Mais quel hasard, je t’annonce que je suis moi-même une personne non binaire! Et oui, ça tombes-tu bien pas rien qu’un peu?

Queer non binaire orientation sexuelle

Les Folies Passagères/Maude Bergeron

Avant de t’expliquer ce qu’est la non binarité, je ne peux pas passer à côté de certaines choses essentielles, a.k.a. définir des termes de base.

Premièrement, on vit dans une société qui est ultra normée et qui est conçue sur le principe que tout le monde est hétérosexuel(le) et cisgenre. Évidemment, ce n’est pas le cas, on le sait bien, mais ça reste quand même que le quotidien est marqué par plein d’affaires qui excluent ceux qui s’identifient différemment.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Cisgenre, ça veut dire quoi au juste?

Ce n’est pas un mot péjoratif, ni une insulte. C’est simplement un qualificatif, un mot utilisé pour décrire une personne qui s’identifie au même genre que celui qui lui a été attribué à la naissance par les professionnels de la santé.

Comme tu le sais déjà, les genres sont donnés aux personnes lorsqu’ils viennent au monde, en fonction de leurs organes génitaux. Les filles ont une vulve, les garçons ont un pénis.

Mais que fait-on des personnes intersexes, qui ont des organes qui diffèrent? Et bien pendant longtemps et encore malheureusement, elles vivent des mutilations génitales pour leur imposer un genre. Soit une fille, soit un garçon. Rien d'autre.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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C’est à partir d’ici que le mot binarité fait son entrée. La binarité des genres, c’est le fait de tout classer d’une manière exclusive vers le féminin ou le masculin. C’est imposer deux genres en excluant la possibilité qu’il en existe d’autres.

D’autres genres que femme et homme, ah ouin?

Et oui! Et il en existe vraiment, mais vraiment beaucoup! En fait, ce n’est pas bien compliqué : il peut exister autant d’identité de genre que de personne existante.

C’est donc important de comprendre que les organes génitaux ne définissent en rien le genre d’une personne! 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Alors être non binaire, c’est quoi?

Si on y va au plus simple, la non binarité implique le rejet de ces normes qui n'accepte que deux genres, soit féminin et masculin. Les personnes non binaires s’identifient donc autrement : certaines sont agenres (sans genre), d’autres décrivent leurs identités comme étant un mélange des deux (femme/homme), d’autres parlent d’un troisième genre, d’autres excluent totalement toutes les références à ce qui existe déjà.

Ça peut paraître compliqué, mais ce qu’il faut retenir, c’est l’idée qu’il n’y a pas que deux genres, mais bien plusieurs, dont la non binarité. Il faut percevoir les identités de genre comme étant un spectre qui varie pour tous, et qui sont tous valables.

Moi, par exemple, je ne m’identifie pas comme étant une femme, ni comme étant un homme. Par contre, j’utilise les pronoms et les accords féminins. Ce n’est pas le cas pour toutes les personnes non binaires, et donc, il faut toujours s’informer pour connaître leurs pronoms. Certains souhaitent qu’une écriture neutre et inclusive soit utilisée, comme avec les pronoms ils/elles et they/them en anglais. D’autres optent pour les pronoms féminins ou masculins. C’est différent pour tout le monde.

Et c’est primordial de ne pas mégenrer volontairement ces personnes. Lorsqu’on s’informe, on discute, on fait preuve d’ouverture et de respect, et tout va bien.

Je me sens tout de même socialement concernée par les problématiques reliées au sexisme, puisque j’ai été élevée comme une fille et donc, mon vécu est directement influencé par ça. Je ressens donc une proximité avec ce genre, sans pour autant m’identifier comme étant une femme. Au contraire, je ne ressens aucune proximité avec le genre masculin.

Depuis ma jeunesse, j’ai toujours eu cette impression de ne pas reconnaître comme étant une fille. Sauf qu’en même temps, je savais entièrement à 100% sans aucun doute (c’est précis, ça), que je n’étais pas un garçon. C’était donc complexe et à l’époque, je ne connaissais pas du tout les autres identités de genre.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Je me suis enfin « trouvée »

C’est plus récemment, il y a environ deux ans, via mon travail et mon militantisme, que j’ai découvert à quel point la non binarité me parlait. C’est un peu comme si j’avais enfin trouvé un terme auquel je m’identifiais.

Ce n’est pas nécessairement simple de comprendre son identité de genre, surtout pas dans une société aussi normée que la nôtre. Sauf qu’une chose demeure certaine : peu importe comment tu t’identifies et les mots que tu choisis, tu es entièrement légitime pour qui tu es.
 


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