Pourquoi je me dois de dénoncer l’appropriation culturelle

Il y a quelques mois, ma collègue Marie-Ève Laforte vous partageait un billet sur l’appropriation culturelle. Elle nous informe que dans peu de temps, il se pourrait que cela devienne carrément illégal.

Comme expliqué dans son article, l’appropriation culturelle, c’est une question de rapport de pouvoir; c’est souvent fait par des personnes considérées comme privilégiées de par leur ethnicité, leur statut social ou la « dominance » relative de leur propre culture.

Et nous n’avons pas fini d’en entendre parler. Le célèbre designer et entrepreneur Marc Jacobs avait reçu son lot de critiques lorsqu’il nous a partagé sa campagne en automne 2016 : de magnifiques mannequins portant une coiffure montée tout en dreadlocks. Le hic, c’est que les mannequins étaient tous blancs. Pas un seul mannequin noir sur la passerelle!

Il n’est pas interdit à quiconque de porter la coupe de cheveux qui lui plaît, j’en conviens. Le problème n’est pas là. L’appropriation culturelle dérange lorsque le contexte socioculturel n’est pas pris en cause, n’est pas compris et n’est pas mis de l’avant. 

Marc Jacobs a répondu sur Instagram aux commentaires défavorables à sa collection : « C’est drôle que vous ne critiquiez pas les femmes de couleur pour défriser leurs cheveux. Je respecte et je suis inspiré par les gens et leur apparence. Je ne vois pas de couleur ou de race, je vois des gens. »


En lisant cela, je me suis quand même questionnée. J’ai commencé à me défriser les cheveux à un très jeune âge et maintenant, je me fais faire un tissage de cheveux parfois indien, parfois brésilien, mais jamais haïtien! Mais c’est là que le fait de comprendre et de reconnaître l’appropriation culturelle prend toute son importance.  

Pascale Lavache cheveux

Joanie Lefrancois

Parce que si je décide de me faire 2 belles nattes avec mes cheveux naturels, je ne recevrai pas en allant au bureau tous ces éloges fort probablement faits à Kim Kardashian lorsqu’elle a opté pour ce style. Au-delà de l’aspect culturel de la chose, où les femmes et les hommes aux cheveux crépus se font faire des nattes depuis des millénaires, c’est plutôt le fait que la société n’en reconnaissait pas toute la beauté avant que ce ne soit popularisé par cette vedette de téléréalité.

Le problème est là : alors que certains styles deviennent tendance lorsqu'ils sont portés par des « non-noirs », ils sont à l'opposé perçus comme « ghetto », « ratchet » ou en d'autres mots, pas du tout raffinés lorsqu'ils sont portés par des personnes de couleurs.
 

Mais où est-ce qu’on trace la limite de l’acceptable? Et comment sortir de cet imbroglio culturel?

Le discours aurait été tout autre si Marc Jacobs avait intégré dans son défilé des personnes de couleurs et ainsi montré une certaine diversité. Cependant, je lui lève mon chapeau puisqu’il a été capable d’admettre qu’il avait été insensible face au discours de l’appropriation culturelle, et que cela résidait dans sa déconnexion avec la réalité d’aujourd’hui. 


Tout comme Marc Jacobs, Katy Perry a été submergée de reproches à cause des nombreuses appropriations qu’elle faisait sans aucune gêne, mais surtout sans les comprendre. C’est après avoir eu une conversation avec des gens de son entourage, qui lui ont permis d’avoir un dialogue ouvert sans jugement ni malice, qu’elle a pu comprendre sa maladresse et l’impact sur la société. 
 

Le changement des mentalités, comment y arriver? En mettant en place des lois? Certes.

Dans mon quotidien, et surtout en tant que femme noire, j’ai la responsabilité de dénoncer l’appropriation culturelle.

Mais en faisant cela, je dois aussi m’engager à ouvrir le dialogue et permettre à mes copines de librement me poser des questions sans m’offusquer, pour permettre une meilleure compréhension et un partage de nos différences.

 

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