Le mouvement d'acceptation des cheveux chez la femme noire

Perruques, coiffure afro, coupe courte, extensions, tresses, crochet, mèches, défrisant, même le «curl» (pour ceux qui ne savent pas ce que c'est que le «curl», je vous réfère au film Un prince à New York!)  Tous des styles de cheveux que j'ai adoptés à différentes périodes de ma vie. Mon pauvre cheveu fin et délicat a tout subi, tout vécu!

En regardant le film Nappily Ever After sorti sur Netflix il y a quelques semaines, je me suis surprise à me remémorer un passage bien précis de mon enfance: le jour où j'ai finalement eu le droit de mettre un défrisant! À l'époque, c'était un moment important dans la vie d'une jeune fille noire, presque aussi important que ses premières menstruations! C'était le moment où elle devenait assez mature pour avoir le look d'une jeune femme, en se faisant mettre sur la tête un produit si toxique qu'il peut faire fondre une cannette de Coca-Cola! Oui oui!

Je voulais être grande et femme, et pour moi,  cette image de la beauté passait par le fait d'avoir les cheveux droits. Je voulais ressembler à cette image qui m'avait été présentée toute ma vie, par ma mère, mes tantes, mon entourage, les médias.  C'était la norme.

Me fondre dans la masse en tant que minorité visible, avoir un look acceptable. Est-ce que c'est nous-même, dans notre communauté, qui nous mettions cette pression, ou est-ce vraiment la société qui nous faisant sentir qu'il nous fallait avoir une image qui rend tous à l'aise? Ou est-ce les deux?

instagram.com/ceeceesclosetnyc/ 

Tout part de l'époque coloniale, ou il fallait que la femme noire se couvre la tête pour ne pas attirer les regards fascinés. Et plus tard, il nous fallait, pour ne pas déplaire ou créer un malaise, adopter un look  moins criard (cheveux lisses).

Mais mon grain de cheveu ne me défini pas. Ou plutôt, je ne laisse plus mon grain de cheveu me définir!

Si je porte aujourd'hui un joli foulard multicolore sur la tête, c'est parce que nous nous sommes réapproprié ce qui nous a été un jour interdit.

Si je me coiffe avec des nattes ou des tresses, c'est parce que c'est une façon pour moi de m'exprimer en ayant un look qui fait partie de ma culture, et qui me permet de protéger mes cheveux, surtout par temps froids.

Si je décide de mettre une perruque, c'est parce que je n'as pas le temps de me coiffer!

Si un jour je décide de remettre du défrisant (mes cheveux sont sans défrisant depuis maintenant 5 ans!) ce sera parce que j'en ai envie, ce sera ma décision.

Aujourd'hui, ce mouvement d'acception de nos cheveux  chez la femme noire est bien ancré: nous sommes plus assumées, et selon moi plus belles. De voir tous ces styles de coiffures aller au gré et au vent du désir de toutes ces femmes, sans essayer de se conformer, c'est une grande liberté!

Je comprends que cela puisse devenir étourdissant à  la fin, un look différent à chaque semaine, ouf! Mais c'est avec plaisir que je prends le temps d'expliquer le processus laborieux et complexe qui s'impose lorsque je change de tête aussi souvent! Et si vous vous demandez si c'est correct de me toucher les cheveux à mon insu... Et bien je vous laisse deviner la réponse!


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