L’appropriation culturelle en voie de devenir illégale?

L’année dernière, on vous avait parlé d’appropriation culturelle, ce phénomène en mode voulant que des personnes reproduisent les codes spécifiques à d’autres cultures sans nécessairement respecter l’origine ou le contexte dans lequel ceux-ci étaient traditionnellement utilisés.


Tout le monde est susceptible de trouver belle une tendance provenant d’ailleurs dans le monde et de vouloir la reproduire; on s’entend qu’il n’y a pas à prime abord de mal là-dedans.

Mais ce qu’on vous disait, en gros, c’est de le faire avec respect et conscience. Il faut aussi s'informer et comprendre comment et pourquoi certaines personnes pourraient en être offensées.

 

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Tout est une question de rapport de pouvoir : l’appropriation culturelle, c’est souvent fait par des personnes considérées comme privilégiées, de par leur ethnicité, leur statut social ou la « dominance » relative de leur propre culture. Celles-ci empruntent des éléments significatifs à d’autres cultures moins valorisées, sans pour autant avoir à subir les effets négatifs de cette culture, par exemple le racisme ou la discrimination.

De cette problématique, il se pourrait que bientôt, l'appropriation culturelle devienne carrément illégale. Ces jours-ci, des représentants de 189 pays sont en train de négocier au siège des Nations Unies, à Genève en Suisse, dans le but d’arriver à un accord sur la propriété intellectuelle mondiale, qui tiendrait compte des « expressions culturelles ».


Cette initiative provient de différents peuples indigènes et autochtones de partout dans le monde. L’accord viserait en priorité les éléments reliés à ces cultures, plutôt que, par exemple, les codes religieux ou ethniques, comme le bindi indien ou ce qui est propre à la culture afro-américaine.

L’accord donnerait aux instances légales des pays les moyens de poursuivre en justice (et même de donner des peines de prison) ceux qui pratiquent l’appropriation culturelle. Il est peu probable que les particuliers soient visés par un tel accord; on pense probablement plutôt à des entreprises ou à d’autres activités commerciales.

Un exemple : il y a quelques années, la compagnie Urban Outfitters avait été poursuivie par la nation Navajo pour avoir proposé des vêtements et accessoires directement empruntés de l’art traditionnel de ce peuple améridien.

 

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Si une fille se fait faire du henné et publie une photo sur Instagram, elle ne sera probablement pas en danger d’être poursuivie, on est d'accord là-dessus. Mais ça reste quand même une action symbolique importante, qui témoigne d’un changement de paradigme.

Les gens sont de plus en plus conscients de ce qu’est l’appropriation culturelle et surtout, du préjudice que cela peut causer. Donc, même chez les individus, ce genre d’accord mènera probablement vers l'évolution des mentalités.

 

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